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S’aventurer dans la compréhension de l’évolution du cerveau humain

Appelé également le développement cérébral, l’évolution du cerveau humain est de mieux en mieux comprise et éclairée grâce au croisement que l’on fait entre les sciences sociales et humaines et les découvertes en neurosciences qui sont réalisées tous les jours. Chaque année, les scientifiques et experts du monde entier repoussent un peu plus loin les connaissances de ce territoire immense. Nous pourrions comparer l’aventure que représente le Cerveau avec celle de l’Espace: passionnante et infinie. Même s’il reste encore tellement à comprendre et à découvrir, les dernières décennies, avec son lot d’avancées technologiques, notamment dans le domaine de l’imagerie cérébrale, permettent de confirmer ou d’infirmer certaines théories et hypothèses concernant la compréhension de nos émotions, de l’influences des expériences sur notre construction psychique et physique, sur nos pensées et celles de nos bébés, etc.

 

Le cerveau humain se développe durant les 25 premières années de la vie et nous connaissons de mieux en mieux ce qui lui permet de s’adapter aux situation de stress, de disposer d’atouts ou de frein à la mémorisation, de cerner ce qui lui convient et ce qui le met en souffrance. Nous proposons ici d’aborder les quelques grandes étapes de l’évolution et de la maturation de notre cerveau. Pour commencer à s’aventurer dans le cheminement de cet organe si complexe commençons par la première étape…

Mieux comprendre l’évolution de cette machine sophistiquée qu’est le cerveau humain, c’est commencé par comprendre comment il se construit, dès les premières secondes de sa création. Cette mécanique a des besoins particuliers pour fonctionner au mieux, de l’huile dans les rouages pour poursuivre sur cette image, de matière première de qualité. Le cerveau, pour se développer au mieux et mettre à disposition le maximum de ses possibilités, a besoin que l’on puisse comprendre par quelles étapes il doit passer et ce qu’il faut respecter pour devenir un ensemble cohérent qui soit en harmonie avec l’ensemble du système que représente le corps humain et avec son le monde extérieur. 

Cette construction dépend de la matrice dans laquelle il évolue, in utero dans un premier dans et dans le contexte dans lequel on le place dès la naissance et lors des premières années de sa vie. Car oui, l’espèce humaine à de particulier qu’elle n’a jamais complètement finie d’évoluer. A l’image d’une maison cette fois, il est donc nécessaire d’en connaître l’architecture pour proposer des fondations solides qui lui permettra de tenir dans le temps et de répondre à tous les besoins nécessaires à l’épanouissement de son hôte durant toute la vie.

 

Benevolence vous propose de suivre ce parcours, de comprendre ce qui se joue durant toute cette aventure et finalement d’adapter plus facilement le regard que l’on porte en tant qu’adulte sur l’humain avant qu’il ne devienne mature. Ainsi, nous agirons en toute conscience et plus sereinement sur le contexte dans lequel nos enfants évolueront. L’enfant d’aujourd’hui est l’adulte,  et potentiellement le parent de demain. C’est donc dès le début qu’il faut agir pour lui permettre de construire ses fondations. Bon voyage et à bientôt pour le prochain épisode : “In utéro, à partir de la 4ème semaine de grossesse…

I- Préparer le voyage : In utero…à partir de la 4ème semaine de grossesse…

Les cellules se démultiplient intensément pour suivre le schéma génétique inscrit dans son “logiciel”. Le  cerveau commence à “se construire” et les premières cellules nerveuses font leur apparition. Les premiers neurones sont déjà présents depuis environ 3 mois et se multiplient à raison de 3 000 à chaque seconde qui passe. Imaginez le Bing Bang et les quelques secondes qui ont suivi pour faire naître notre univers, à l’échelle humaine il s’agit du même phénomène, l’activité est d’une intensité difficilement compréhensible en utilisant nos repères et nos références communes. 

Au début de la 9ème semaine de grossesse, le cerveau et la moelle épinière sont en place ce qui permet au foetus de bouger, de ressentir la sensation de ces mouvement en relation avec le liquide amniotique qui l’entoure et d’entendre des voix…celle de sa mère mais également celles qui se trouve à l’extérieure, son père peut-être ou toute autres personnes régulièrement présentes.Toutes ces stimulations vont créer des connexions entre les neurones, construire les synapses, véritables ponts qui permettent de constituer un réseau complexe entre les neurones. La qualité de ce réseau permet et permettra à l’humain d’Être, dans tous les sens du terme. 

A partir du sixième mois, c’est la mémoire qui fait son apparition, permettant ainsi au bébé de reconnaître les voix et même de commencer à intégrer les codes de langage utilisée par sa mère notamment…le cerveau, en étant stimulé, va commencer à se programmer pour s’accorder avec le monde dans lequel il va devoir évoluer bientôt. 

II – De la naissance au 2 ans de l’enfant environ…

Contrairement aux idées reçues, à la naissance le bébé dispose d’autant de neurones qu’un adulte, soit environ un peu plus de 100 milliard (à cette échelle le “ un peu plus ” peut être considérable ! ). 

A ce moment-là le cerveau est loin d’avoir fini d’évoluer. Il va utiliser son environnement, toutes les expériences qui se présentent, chaque stimulation, pour se constituer, pour se définir. Un peu comme un trajet que vous allez faire plusieurs fois dans l’herbe et qui va tracer un chemin à force de passage. 

C’est parce que le bébé est complètement dépendant (même s’il est autonome) que la période des 1000 premiers jours de l’enfant est cruciale : elle implique pour ceux qui en sont responsables de savoir repérer et satisfaire suffisamment bien et suffisamment rapidement à un ensemble de besoins dit “ fondamentaux ” (lire aussi l’article à venir sur les besoins fondamentaux de l’enfant).

En tant que parents ou figure d’attachement primaire et secondaire, la qualité des réponses que l’on va apporter à ces besoins vont permettre au cerveau d’établir une architecture du réseau neuronal qui lui permettra d’être de plus en plus dépendant, de résoudre des problèmes, de survivre et vivre le plus harmonieusement et sereinement possible dans le monde où il évolue. Il est donc important de comprendre les étapes par lesquelles son cerveau passe pour en arriver là. 

A ce stade, seule une partie de son cerveau est réellement active : le système limbique est le siège des émotions dites “ primitives ”. Ces émotions font partie de notre patrimoine génétique originel : il s’agit de la colère, de la peur mais aussi de la joie et de l’amour. Pour le moment, le petit humain n’est absolument pas en capacité d’interpréter, d’analyser et de comprendre ses émotions. Elles vont donc le traverser de toutes parts et très intensément. Catherine GUEGUEN, médecin pédiatre, parle de “ tempêtes émotionnelles incontrôlables “ (imaginer la première fois que vous êtes monté dans un avion ou une autre expérience vécue pour la toute première fois et multiplié les émotions que vous avez ressentie à ce moment-là par 1000). 

C’est pour cela qu’il est nécessaire de rassurer “ émotionnellement ” l’enfant à cet âge ; par une posture bienveillante, par l’interprétation positive de ses actes et par l’expression d’un amour inconditionnel … Il est indispensable de le rassurer sur ses capacités à réussir mais également à comprendre sereinement ses échecs ou difficultés, sans coercition ni autoritarisme. Ne l’oubliez pas, le cerveau continue de se programmer tout au long de la vie et la satisfaction de ses besoins, surtout durant la période de 0 à 3 ans au moins,, influencera favorablement toutes les constructions qu’il aura à établir à l’avenir. À l’image des fondations qui permettent de construire une maison solide, qui tiendra dans le temps et qui sera capable de tenir bon face aux tempêtes, aux tremblements de terre et plus généralement aux divers assauts de la vie

IV- de manière générale, de 2 à  11 ans…

Toute la machinerie du cerveau  fonctionne à plein régime et cela demande beaucoup d’énergie. Le carburant principal est le glucose qui permet de renforcer les circuits neuronaux. A l’image d’une voiture qui prend de la vitesse, le cerveau se développe de façon exponentielle et consomme de plus en plus. Une fois adulte, pour garder cette image, il se trouve en vitesse de croisière et consommera donc 2 à 3 fois moins de glucose. 

Durant cette période de 2 à 6 ans, mais même jusqu’à l’âge de 11 ans environ, le cerveau consomme presque les ⅔ de la consommation énergétique totale du corps. 

Le bon développement du cerveau ne dépend pas seulement de cet apport en glucose, il a besoin que l’ensemble des besoins fondamentaux de l’enfant soit suffisamment satisfait (en terme de fréquence et de qualité de réponse). Donc au delà d’une bonne alimentation qui nécessite de construire un bon rapport à la nourriture (repas équilibrés et moment du repas vécu comme positif), un bon sommeil, une activité physique respectueuse, un soutien émotionnel et intellectuel bienveillant et empathique permettent à l’ensemble de la machine humaine de construire ses bases sur lesquels l’individu pourra s’appuyer toute sa vie.

L’acquisition de la parole est à la fois la cause et la conséquence de ce qui permet à l’enfant de prendre de plus en plus conscience de son identité, de faire la différence entre lui et les autres, de commencer à comprendre les conséquences de ses actes sur lui-même et sur son environnement…Encore une fois, il est important de comprendre que c’est un cheminement et que c’est la qualité de ce qu’il rencontrera sur ce chemin qui conditionnera principalement la qualité de ses ressources. C’est à cette période que l’enfant à tendance à modifier la réalité par exemple. Pour éviter de vivre un moment désagréable, par exemple comme éviter de se faire disputer. Il est important dans ce cas de comprendre qu’il ne s’agit pas de mensonge mais d’une confusion saine entre imaginaire et réalité (la pensée magique, les amis imaginaire, etc.). 

Côté cerveau, c’est le cortex préfrontal, siège de la réflexion et de la gestion des émotions qui va gagner petit à petit en maturité…mais il est nécessaire que les différentes zones en construction s’apprivoisent pour pouvoir non seulement co-exister mais également développer leur complémentarité pour enfin être un tout équilibré et performant.

Durant cette période l’enfant va donc acquérir des habiletés intellectuelles qui lui permettront de s’engager plus sereinement dans les apprentissages.

Prendre conscience de ce qui se joue à cette période permet d’adapter nos réponses parentales. Utiliser la Communication Non Violente, développer  la (re)connaissance et la capacité à exprimer de manière non violente ses émotions et celles des autres, sont des habiletées cognitives et sociales fondamentales qui auront la faculté de réduire les risques d’apparition de troubles tel que les anxiétés, des phobies ou autres souffrances psycho-physiologiques. 

V- de 11 ans à l’âge adulte…le grand chambardement !

C’est quoi l’âge adulte déjà ? Tout dépend des personnes, des parcours, des cultures, etc.. Disons que c’est quand nous commençons à sortir de l’adolescence, tout simplement…

Sur cette longue période (qui peut donc être très différente en fonction des individus), le cerveau comme le reste du corps est un vaste chantier. Prenons l’image d’une maison : à l’origine, les fondations ont étaient établies, les différentes pièces et leur aménagement, pensées pour accueillir un certain nombre d’occupants (les émotions primaires et secondaires, le langage, la logique, l’empathie, la motricité, etc.) et concrètement toutes les parties de cette grande maison n’ont pas étaient totalement investies. La famille s’est agrandie, les occupants ont grandi et il est maintenant nécessaire de faire quelques travaux d’aménagement pour permettre à chacun de s’épanouir, de gagner en indépendance. Les travaux commencent et c’est le grand chambardement : l’adolescence.

Les différentes zones du cerveau sont désormais pleinement actives et tournent à plein régime et surtout de concert. Le système limbique, siège des émotions et le cortex préfontal qui régit les prises de décision, doivent apprendre à fonctionner ensemble. Cette dernière zone va se développer jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Entre les deux occupants, les connexions ne cessent de se faire et de se défaire ce qui explique une grande instabilité émotionnelle durant cette période. 

Le cerveau fait donc du tri et élimine petit à petit ce qui ne sert pas, l’heure est à la rentabilité. Comme dans toute phase de transition où il est nécessaire d’éliminer avant de remplacer ou d’améliorer, l’individu se cherche et perd parfois en pertinence, sa capacité de jugement est altérée par exemple. Il se cherche pour trouver et développer de nouvelles capacités, en a de plus en plus conscience et prend en retour de plus en plus de risques pour comprendre et intégrer ses limites… l’appétit du cerveau est grand à ce niveau-là.

Et pour couronner le tout, voilà que le logiciel génétique décide d’enclencher une nouvelle phase en ouvrant grandes les vannes des hormones sexuelles : la puberté est là ! Le rapport à son propre corps et de sa propre pensée en mutation constante est un trouble que l’on pourrait comparer aux tempêtes émotionnelles et sensorielles vécues de façon inconsciente durant les premières années de vie. Cette fois, le cerveau est de plus en plus en capacité d’analyser ses ressentis, ses émotions et ses sensations physiques. C’est à la fois grisant car on prend de plus en plus conscience de nos compétences mais à la fois “ flippant ” car nous nous retrouvons aux manettes d’une machine qui peut s’emballer à chaque instant et occasionner des conséquences que l’on ne se sent pas toujours capable d’assumer. D’ailleurs, au début, nous pouvons avoir tendance à nous réfugier parfois dans l’enfance pour retrouver cette insouciance qui la caractérise et éviter d’assumer la partie parfois désagréable des conséquences de ses actes.

Mais petit à petit, les pièces de la maison “cerveau” s’organisent pour devenir un tout de plus en plus harmonieux… du moins, c’est plus facilement le cas lorsque les fondations sont solides, lorsqu’à l’origine les architectes ont pensé et influencer les plans de façon à pouvoir faciliter ensuite les travaux à venir. C’est également plus facile lorsque cette période est accompagnée de façon bienveillante et respectueuse  par l’ensemble des acteurs extérieurs qui y participent (parents, professeurs, ami(e)s, entraîneurs, etc.).

VI- Lorsque le cerveau est mature…et après

Les recherches en neurosciences ont permis de comprendre que le cerveau humain pouvait faire preuve d’une grande plasticité tout au long de la vie. De nouvelles connexions sont créées à tout âge…mais tout dépend des bases sur lesquelles le cerveau a évolué et de quelle façon il est entretenu. Cette merveilleuse machine a besoin de tourner régulièrement, d’être alimentée par des expériences (exercices pour lui) qui sollicitent l’ensemble de ses rouages mais également par une hygiène de vie suffisamment bienfaitrice pour elle.

Certaines expériences favoriseront son bon fonctionnement tandis que d’autres au contraire limiteront l’expression de tout son potentiel. D’ailleurs, là aussi les neurosciences permettent de casser l’idée-reçue qui ferait croire que nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau.Tout le monde utilise la totalité de son cerveau. Cet organe pompe environ 20% de l’énergie produite chaque jour à l’âge adulte (50% chez les enfants et 60% chez les bébés comme nous l’avons déjà évoqué précédemment). Par contre il ne peut utiliser l’ensemble de ses capacités en même temps. Ce serait comme utiliser toutes options et applications d’un smartphone en même temps. Dans ce cas, il y a de fortes chances qu’il bug et que sa batterie se décharge très rapidement.

Les technologies modernes d’imagerie cérébrale montrent l’activation de diverses aires du cerveau. Toutes ne jouent pas un rôle majeur et au même moment mais toutes sont impliquées dans la réalisation de capacités essentielles. Ainsi, certaines régions que l’on croyait silencieuses, servent en réalité de soutien à d’autres. Il est également question de répartir l’énergie disponible qui ne peut permettre d’activer qu’entre 1 et 16% des neurones en même temps et dans certaines zones du cerveau. Les utiliser toutes en même temps serait comparable à une surtension que la physiologie humaine ne pourrait supporter. 

Quoi qu’il en soit, nous n’avons jamais fini d’apprendre. Même si à un certain âge (estimé au alentour de 65 ans en sachant que cela peut beaucoup varier d’une personne à l’autre), nos neurones auraient tendances à se déconnecter les uns des autres, il est prouvé qu’en ayant établi des bases solides durant la petite enfance, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, en ayant exercé son cerveau régulièrement et en ayant eu une hygiène de vie plutôt saine, alors nous pourrions garder intacte toutes nos capacités cognitives jusqu’à la fin.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de favoriser au maximum le développement naturel et harmonieux du cerveau de nos enfants, dès les premiers mois de vie, in utéro et jusqu’à ce qu’ils puissent devenir suffisamment indépendants pour le faire par eux-même. Le favoriser c’est leur proposer un contexte et des outils qui leur permet d’être plus tard indépendant dans tous les sens du terme.

Par bienveillance, par l’empathie et le soutien, le cerveau peut se développer de façon efficace et harmonieuse. Durant les trois premières années de vie, le cerveau construit ses fondations. Il a besoin d’amour inconditionnel, donc de sécurité affective et de confiance mutuelle partagée avec ses figures d’attachement primaires et secondaires. Le cerveau c’est la vie.

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